Un homme peint un mur en étant placé sur un échafaudage, des passants passent sous son échafaudage et ont chacun une probabilité $p\in \ \left]0,1\right[$ de se faire toucher par une goutte de peinture. Soit $X$ la variable aléatoire donnant le nombre de personnes touchées en une journée et $Y$ celui du nombre de personnes qui ne sont pas touchées.
Soit $n \in \mathbb{N}$. On suppose que $n$ personnes passent dans la journée. Donner les lois de $X$ et $Y$, puis déterminer si $X$ et $Y$ sont indépendantes.
On suppose maintenant que $N$ personnes passent dans la journées et que $N$ est une variable aléatoire discrète qui suit une loi de Poisson de paramètre $\lambda> 0$.
Donner les lois de $X$ et de $Y$, puis l'espérance et la variance de $X$.
Montrer que $X$ et $Y$ sont indépendantes.
Calculer $\text{Cov}(X,N)$. Les variables $X$ et $N$ sont-elles indépendantes ?
Indications
Attention au cas $n=0$ pour l'indépendance !
Exprimer la loi conditionnelle de $X$ sachant $(N=n)$.
Exprimer l'évènement $(X=k)\cap (Y=l)$ en utilisant la valeur de $X+Y$.
Utiliser la formule de transfert pour calculer $E(XN)$.
Correction
La variable $X$ compte le nombre de succès d'une succession de $n$ épreuves de Bernouilli indépendantes de paramètre $p$ (ici, l'épreuve étant "un passant passe sous l'échafaudage et se fait toucher avec probabilité $p$) donc $X$ suit une loi binomiale de paramètres $n$ et $p$. De même pour $Y$ en remplaçant succès et échecs : un passant à une probabilité $1-p$ donc $Y$ suit une loi binomiale de paramètres $n$ et $1-p$. On a $X+Y=n$ donc, pour $n\neq 0$, $(X=0)\cap (Y=0)=\emptyset$, d'où : \[
P((X=0)\cap (Y=0)) =0 \neq \underbrace{P(X=0)}_{\neq 0}.\underbrace{P(Y=0)}_{\neq 0}.
\] d'où $X$ et $Y$ ne sont pas indépendantes lorsque $n \neq 0$. Si $n=0$, $P((X=0)\cap (Y=0))=1=P(X=0)P(Y=0)$ donc, dans ce cas extrème, $X$ et $Y$ sont indépendantes !
Pour tout $\omega \in \Omega$, $X(\omega) \in \;[\!\!\![\; 0,N(\Omega) \;]\!\!\!]\; \subset \mathbb{N}$ donc $X(\Omega) \subset \mathbb{N}$ et de même, $Y(\Omega) \subset \mathbb{N}$. On remarque que, pour $n \in \mathbb{N}$, la loi conditionnelle de $X$ sachant $(N=n)$ correspond à la loi de $X$ dans la question 1. i.e. une loi binomiale de paramètres $n$ et $p$. D'où, pour $n,k \in \mathbb{N}$ : \[
P(X=k|N=n)=\begin{cases}
\displaystyle \binom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k}&\text{ si }k \leqslant n \\
0&\text{ si }k> n.
\end{cases}
\] Ainsi, pour tout $k \in \mathbb{N}$, d'après la formule des probabilités totales appliquée au système complet d'événements $((N=n))_{n \in \mathbb{N}}$, on a : \[
\begin{array}{rcl}
P(X=k)&=&\displaystyle \sum_{n=0}^{+\infty}P(X=k | N=n)P(N=n) \\
&=&\displaystyle \sum_{n=k}^{+\infty}\binom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k}e^{-\lambda }\frac{\lambda^n}{n!} \\
&=&\displaystyle \frac{e^{-\lambda }p^k}{k!}\sum_{n=k}^{+\infty}\frac{(1-p)^{n-k}\lambda^n}{(n-k)!} \\
&=&\displaystyle \frac{e^{-\lambda }p^k\lambda^k}{k!}\sum_{n=0}^{+\infty}\frac{((1-p)\lambda)^{n}}{n!} \\
&=&\displaystyle \frac{e^{-\lambda }(p\lambda)^k}{k!}e^{(1-p)\lambda} \\
P(X=k)&=&\displaystyle e^{-p\lambda }\frac{(p\lambda)^k}{k!}.
\end{array}
\] où $p\lambda > 0$. Par suite, $X$ suit une loi de Poisson de paramètre $p\lambda$.
Par un raisonnement analogue, on trouve que $Y$ suit une loi de Poisson de paramètre $(1-p)\lambda$.
Ainsi, $X$ et $Y$ admettent un moment d'ordre $2$ et donc d'ordre $1$; et on a : \[
E(X)= p\lambda; \; V(X)= p\lambda \text{ et } E(Y)=(1-p)\lambda;\; V(Y)=(1-p)\lambda.
\]
Soit $k,l \in \mathbb{N}$. Comme $X+Y=N$, on a : \[
(X=k)\cap (Y=l)=(X=k)\cap (X+Y=k+l) = (X=k) \cap (N=k+l),
\] Par suite, en écrivant $\lambda = p\lambda + (1-p)\lambda$, on obtient : \[
\begin{array}{rcl}
P((X=k)\cap (Y=l))&=&P((X=k) \cap (N=k+l)) \\
&=&P(X=k|N=k+l)P(N=k+l) \\
&=&\displaystyle \binom{k+l}{k}p^k(1-p)^{(k+l)-k}e^{-\lambda }\frac{\lambda^{k+l}}{(k+l)!} \\
&=&\displaystyle \left(e^{-p\lambda }\frac{(p\lambda)^k}{k!}\right). \left( e^{-(1-p)\lambda }\frac{((1-p)\lambda)^l}{l!}\right) \\
P((X=k)\cap (Y=l))&=&P(X=k).P(Y=l).
\end{array}
\] Il en résulte que $X$ et $Y$ sont indépendantes.
On a, d'après la formule de K{\oe}nïg-Huygens, $\text{Cov}(X,N)=E(XN)-E(X)E(N)$. Remarque : comme $X$ et $N$ sont des variables aléatoires discrètes, on peut parler de l'espérance de $XN$ et calculer nos sommes sans se soucier de leur convergence ! D'après le théorème de transfert, on a : \[
\begin{array}{rcl}
E(XN)&=&\displaystyle \sum_{(k,n) \in \mathbb{N}^2}knP((X=k)\cap (N=n)) \\
&=&\displaystyle \sum_{n=0}^{+\infty}n \sum_{k=0}^{+\infty}k P(X=k|N=n)P(N=n) \\
&=&\displaystyle \sum_{n=0}^{+\infty}ne^{-\lambda }\frac{\lambda^n}{n!} \underbrace{\sum_{k=0}^{n}k \binom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k}}_{=np} \\
E(XN)&=&\displaystyle pe^{-\lambda }\sum_{n=0}^{+\infty}n^2\frac{\lambda^n}{n!}.
\end{array}
\] Or, en remarquant que $n^2=n(n-1)+n$, on a : \[
\sum_{n=0}^{+\infty}n^2\frac{\lambda^n}{n!} = \lambda^2\sum_{n=2}^{+\infty}\frac{\lambda^{n-2}}{(n-2)!} +\lambda\sum_{n=1}^{+\infty}\frac{\lambda^{-1}n}{(n-1)!} = (\lambda^2+\lambda)e^{\lambda};
\] donc : \[
E(XN)= pe^{-\lambda }(\lambda^2+\lambda)e^{\lambda} = p(\lambda^2+\lambda).
\] Il en résulte que : \[
\text{Cov}(X,N)= E(XN)-E(X)E(N)= p(\lambda^2+\lambda) - (p\lambda)\lambda = p\lambda.
\] En particulier, on a $\text{Cov}(X,N) \neq 0$ donc $X$ et $N$ ne sont pas indépendantes car si deux variables sont indépendantes, alors leur covariance est nulle.
Soit $(a_n)_{n \in \mathbb{N}^*}$ une suite à valeurs réelles. On pose, pour $n \in \mathbb{N}^*$ :\[
S_n = \displaystyle\sum_{k=1}^n a^2_k.
\]On suppose que $a_n \times S_n \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{} 1$.
En raisonnant par l'absurde, montrer que $(S_n)_{n \in \mathbb{N}}$ diverge, puis en déduire que $a_n \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{} 0$.
Déterminer la limite de $\displaystyle\int_{S_{n-1}}^{S_n} t^2\text{d}t$.
\item Montrer que $\displaystyle a_n \underset{n \rightarrow +\infty}{\sim} \frac{1}{\sqrt[3]{3n}}$.
Indications
Pour $a_n \rightarrow 0$, penser à déterminer la limite des $S_n$.
Que vaut $x^3-y^3$ d'après une formule connue ?
Utiliser la relation de Chasles puis la technique de sommation des relations de comparaison.
Correction
Supposons par l'absurde que $(S_n)_{n \in \mathbb{N}}$ converge, vers disons $\ell \in \mathbb{R}$. La suite $(S_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est la suite des sommes partielles de la série à termes $\sum a_n^2$, donc cette série converge (et est de somme $\ell$), donc son terme général tend vers $0$ i.e. $a_n^2 \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{}0$. Par suite $a_n \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{}0$. On a alors : \[
a_n \times S_n \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{} 0 \times \ell \neq 1.
\] Contradiction par unicité de la limite ! Il en résulte que $(S_n)_{n \in \mathbb{N}}$ diverge.
De plus, la série $\sum a_n^2$ est à termes positifs et divergente d'après ce qui précède, donc la suite $(S_n)_{n \in \mathbb{N}}$ de ses sommes partielles tend vers $+\infty$ (on rappelle succinctement pourquoi : comme $\sum a_n^2$ est à termes positifs, $(S_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est croissante et divergente, donc sa limite est $+\infty$ d'après le théorème de la limite monotone). Par hypothèse, la suite $(S_n)_{n \in \mathbb{N}}$ est non nulle à partie d'un certain rang et, donc, toujours d'après l'hypothèse et du fait que $S_n \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{}+\infty$, on a : \[
a_n \underset{n \rightarrow +\infty}{\sim}\frac{1}{S_n}\xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{}0.
\]
Soit $n \in \mathbb{N}$ avec $n \geqslant 2$. On a : \[
\begin{array}{rcl}
\displaystyle \int_{S_{n-1}}^{S_n} t^2\text{d}t &=&\displaystyle \left[\frac{t^3}{3}\right]_{S_{n-1}}^{S_n} \\
&=&\displaystyle \frac{1}{3}(S_n^3-S_{n-1}^3) \\
&=&\displaystyle \frac{1}{3}(S_n-S_{n-1})(S_n^2+S_nS_{n-1}+S_{n_1}^2) \\
\displaystyle \int_{S_{n-1}}^{S_n} t^2\text{d}t&=&\displaystyle \frac{1}{3} \left((a_nS_n)^2+(a_nS_n)(a_nS_{n-1})+(a_nS_{n-1})^2 \right).
\end{array}
\] Or, on a, d'après l'hypothèse et le fait que $a_n \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{}0$ : \[
a_nS_{n-1} = a_n(S_n-a_n) = a_nS_n - a_n^2 \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{}1-0 = 1,
\] donc : \[
\int_{S_{n-1}}^{S_n} t^2\text{d}t = \frac{1}{3} \left((a_nS_n)^2+(a_nS_n)(a_nS_{n-1})+(a_nS_{n-1})^2 \right)\xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{} \frac{1}{3}(1+1+1) = 1.
\]
Pour $n \in \mathbb{N}$ avec $n \geqslant 2$, on pose $\displaystyle b_n = \int_{S_{n-1}}^{S_n} t^2\text{d}t$. Soit $n \in \mathbb{N}$ avec $n \geqslant 2$. D'après la relation de Chasles, on a : \[
\frac{1}{3}(S_n^3-S_{1}^3)=\int_{S_{1}}^{S_n} t^2\text{d}t = \sum_{k=2}^{n-1} \int_{S_{k-1}}^{S_k} t^2\text{d}t =\sum_{k=2}^{n-1} b_k.
\] D'après la question précédente, $b_n \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{}1$ donc la série $\sum b_n$ diverge (grossièrement) et ainsi, par sommation des relation de comparaison dans le cas divergent, on a : \[
\frac{1}{3}(S_n^3-S_{1}^3)=\sum_{k=2}^{n-1} b_k \underset{n \rightarrow +\infty}{\sim}\sum_{k=2}^{n-1} 1 = n-2 \underset{n \rightarrow +\infty}{\sim} n.
\] De plus, comme $S_n \xrightarrow[n \rightarrow +\infty]{}+\infty$, $S_1^3$ est négligeable devant $S_n^3$, d'où : \[
\frac{S_n^3}{3}\underset{n \rightarrow +\infty}{\sim} n
\] et donc : \[
S_n \underset{n \rightarrow +\infty}{\sim}\sqrt[3]{3n}.
\] Comme $\displaystyle a_n \underset{n \rightarrow +\infty}{\sim}\frac{1}{S_n}$, il en résulte que : \[
a_n \underset{n \rightarrow +\infty}{\sim} \frac{1}{\sqrt[3]{3n}}.
\]